Paillage de salades

Comment Bien Pailler Son Potager ?

Démarrer et cultiver un potager est un loisir à part entière. Mais un loisir qui demande beaucoup de travail ! Entre les semis, plantations, arrosages, récoltesJardiner requiert du temps, les plantes un soin permanent. Après tout, ce sont des êtres vivants. Qui craignent la sécheresse. Le gel. Le trop-plein de pluie. Alors, pour les aider à bien se développer, il existe une méthode efficace. Une technique simple et pleine de bienfaits. Vous avez deviné ? Il s’agit du paillage ! Définition, avantages, matières utilisées… Découvrons ensemble comment bien pailler son potager.

Qu'est-ce que le paillage ?

Avez-vous déjà observé l’environnement pendant vos balades en nature ? Les arbres, les feuilles, le sol ? Si oui, alors vous savez déjà ce que je vais écrire. Si non, je vous invite à poser vos yeux plus longuement sous vos pieds lors de vos prochaines sorties…

Au cœur de la nature (forêt, champ, prairie, etc.), le sol n’est jamais nu. Exception faite des régions désertiques où l’on peut apercevoir des crevasses. Autrement, la terre est toujours recouverte d’une couche végétale.

Cette couche a 2 fonctions principales :

  • Elle protège le sol du climat, qu’il soit glacial ou caniculaire.
  • Elle abrite, protège et nourrit de nombreux micro-organismes, indispensables à l’équilibre naturel.

Si la terre était nue, cela pourrait avoir de grandes conséquences sur sa composition :

  • En cas de sécheresse, le sol s’assécherait, empêchant l’eau, l’oxygène et les nutriments de se développer. Impossible dans ces cas-là de nourrir les micro-organismes qui seraient détruits.
  • En cas de températures négatives, le gel pourrait s’introduire profondément dans la terre. La conséquence serait la même : la mort des micro-organismes essentiels à la nature.

Le paillage est une méthode largement utilisée, tant par les amateurs que par les professionnels. Elle s’inscrit également dans une démarche permaculturelle. Cette dernière invite tout jardinier à s’inspirer de la nature pour cultiver sur son propre potager (pour connaître la définition globale de la permaculture, je vous laisse consulter mon article en cliquant sur le lien juste ici).

Vous l’aurez compris, le paillage consiste tout simplement à couvrir le sol de son potager à l’aide de matières diverses et variées (organiques ou non).

Mais… quels sont les avantages à connaître ? Qu’est-ce que cela apporte aux plantes ? Un peu de patience, je réponds à vos questionnements tout de suite…

Paillage de choux chinois

Quels sont les avantages ?

Couvrir la terre de son potager et ses légumes a de très nombreux atouts. Voyons tout ça à l’aide d’une petite liste :

1-Économie d’arrosage
Grâce à un bon paillis, l’humidité de la terre se conserve beaucoup plus longtemps. Les racines des plantes restent au frais. L’évaporation de l’eau est beaucoup moins importante que si le sol était nu.

Résultat ? Inutile d’arroser vos légumes trop régulièrement. La terre reste fraiche et humide pour leur plus grand bonheur. Vous économisez de nombreux arrosages (attention : cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus les arroser du tout !) et, par la même occasion, de l’argent.

2-Protection contre le climat
Un des bienfaits les plus importants du paillage consiste en la protection du sol. Que ce soit pendant les gelées hivernales ou les canicules estivales, réaliser un bon paillis protège considérablement la terre.

Il retient l’eau de pluie, évite le ravinement (= formation de sillons à cause d’intempéries), diminue le tassement, évite au gel de s’introduire, empêche le dessèchement et l’apparition de craquellements, limite l’érosion, etc.

3-Fin du labourage
En permaculture, retourner la terre n’est pas conseillé. Le labourage détruit de nombreux micro-organismes, essentiels à la fertilité et à la richesse d’un sol.

Pourtant, il est parfois difficile de cultiver sur une surface dure ou sèche. Le paillage a le pouvoir d’ameublir naturellement la terre. De cette façon, plus de retournement ni de labourage. Vous n’avez plus qu’à planter et semer !

4-Diminution du désherbage
En permaculture, on a tendance à laisser les mauvaises herbes pousser. Pourtant, elles peuvent limiter le développement des légumes en leur laissant moins de place.

Grâce au paillis, vous empêchez les adventices de croître. En effet, la couche végétale les prive de lumière, ce qui les étouffe. Alors… fini la corvée du désherbage si vous réalisez un bon paillage !

5-Fertilisation du sol
Répandre une couche végétale sur son potager enrichit et nourrit considérablement la terre.

En se décomposant, elle apporte les nutriments nécessaires aux nombreux micro-organismes et insectes. Ces derniers vont la transformer en humus (voir la définition dans le Glossaire). C’est cet humus qui augmente petit à petit la fertilité du sol.

6- Préservation de la biodiversité
Pailler son potager permet d’accueillir de nombreux insectes et micro-organismes qui y trouvent refuge. De cette façon, ils sont protégés du froid ou de la chaleur, trouvent de la nourriture et travaillent la terre à notre place. Alors, grâce à tous ces petits habitants, la terre vit, s’enrichit et gagne en qualité.

Pour vous offrir un petit récapitulatif imagé, je vous laisse consulter l’infographie qui suit. Téléchargeable en cliquant sur le bouton juste en-dessous !

Quel paillage utiliser pour son potager ?

Maintenant que nous avons vu ce qu’était le paillage et ses avantages, passons au concret ! Quel paillis utiliser pour le potager ? C’est ce que nous allons découvrir tout de suite.

Vous avez le choix entre de la matière organique nourrissante :

-des feuilles mortes ;
-des restes de culture ;
-des tailles (haies/arbres) ;
-de la tonte de pelouse (doit être renouvelée régulièrement car sa décomposition est rapide) ;
-du bois broyé/des copeaux de bois ;
-du compost ;
-de l’engrais vert ;
-de la paille/du foin (idéal pour les cultures gourmandes ; les fraises et les Cucurbitacées) ;
-des orties ;
-des fanes de légumes (comme les carottes).

Ou d’autres matières qui recouvrent sans nourrir ou enrichir :

-du carton (vierge, sans agrafes ni illustrations) ;
-des cailloux ;
-des bâches plastiques ;
-des tuiles ;
-des toiles de jutes.

Les meilleurs matériaux à utiliser sont ceux à portée de main. N’allez pas chercher du foin à des dizaines de kilomètres si vous tondez la pelouse régulièrement. Toutefois, si vous préférez opter pour un paillage épais, mieux vaut privilégier de la matière dense (comme de la paille).

Pour nourrir le sol, favorisez des matières ligneuses (généralement brunes) comme les branchages, la paille ou les feuilles mortes. Les matières ligneuses sont issues de bois ou de plantes plus rigides. Elles restructurent le sol, stabilisent le niveau d’humus et favorisent la biodiversité.

Au contraire, pour apporter de bons nutriments aux légumes, il est préférable de choisir de la matière azotée. Il peut s’agir de pelouse, de tonte, d’herbe, d’orties, de fanes de légumes, etc.

Et ça tombe bien !

En automne, le sol est épuisé, vidé de tout nutriment après six mois de culture. C’est à ce moment-là que l’on commence à le fertiliser. Et c’est aussi à cette époque de l’année que l’on trouve le plus de matières ligneuses : feuilles mortes, branchages, bois mort, etc.

Au printemps et en été, ce sont les plantes que l’on nourrit pour contribuer à leur bon développement. Pour ce faire, optez pour la matière azotée disponible : tonte, herbes, orties, etc. Tondez votre pelouse, ramassez certaines plantes, taillez vos haies… Bref, la matière organique ne manque pas !

Bien entendu, comme je l’ai écrit, il n’y a pas que le végétal qui recouvre. Si vous avez des tuiles qui traînent, quelques cartons inutiles, ne pensez pas à les jeter. Au contraire, utilisez-les au potager.

Comment bien pailler son jardin potager ? Quand le commencer ?

Voici maintenant la partie que vous attendiez tous ! Le passage aux choses concrètes. Comment pailler son jardin. Je ne vous fais pas plus attendre et… je vous confie tout ce qu’il faut savoir.

Avant d’épandre une couche végétale (ou autre) sur le potager, il y a plusieurs petites actions à réaliser.

1-Retirez toutes les mauvaises herbes déjà en place. Idéalement par temps sec. Si vous ne le faites pas, elles continueront de se développer, même sous le paillis. D’où l’importance de les supprimer.

2-Arrosez suffisamment toutes les cultures du potager que vous souhaitez pailler.

Maintenant, place au paillage ! Oui mais… comment faire ?

Étalez une bonne couche sur le sol. Si vous optez pour de la matière organique, vous pouvez choisir une ou plusieurs matières végétales. De cette façon, vous offrez à la terre davantage de nutriments différents. Je vous l’assure : cela plaira grandement à la biodiversité. Et elle saura bien vous le rendre !

Une fois le sol recouvert, n’hésitez pas à arroser à nouveau. Grâce à cela, le paillis (s’il est naturel) se gorgera d’eau. Cela permettra de conserver plus longtemps l’humidité.

Où le placer ?

Entre les plantes déjà développées, autour des pieds ou entre les rangs. En revanche, ne paillez pas une zone de semis qui n’est pas encore sorti de terre. L’absence de lumière étouffera les graines et les empêchera de pousser.

Et quand ?

En paillant le sol à l’automne, vous nourrissez la terre. La couche végétale a le temps de se décomposer, de l’enrichir en humus et de favoriser la biodiversité.

À partir des mois de mai et juin (aux premières grandes chaleurs), commencez à protéger vos plantes en les recouvrant de paillis. Comme je l’écrivais au-dessus, les matières azotées (herbes, pelouse, tonte, plantes vertes) les aideront à mieux croître.

Pour les légumes gourmands, n’hésitez pas à pailler en plus grande quantité.

Paillage de courgette

Inconvénients

Bien qu’elle n’en ait pas beaucoup, je souhaitais vous présenter les quelques inconvénients de cette méthode. Et je vous les cite en une petite liste facile à retenir :

-Faites attention aux limaces et rongeurs qui peuvent s’y nicher. Cela peut avoir de graves conséquences sur les jeunes plants.

-Si vous paillez trop tôt en début de saison, le sol ne se réchauffera pas convenablement. Ce qui retardera vos premières plantations.

-Si vous optez pour de la tonte de pelouse, n’en répandez pas une trop grosse couche. Lors de sa décomposition, la tonte se réchauffe plus vite. Conséquences ? Les légumes pourraient avoir trop chaud, recevoir trop d’azote et/ou pourrir.

-Comme je l’ai écrit, le paillage est à proscrire si vous avez semé des graines qui n’ont pas encore levé. Attendez les premières pousses pour épandre une couche végétale autour. Mais pas avant !

Vous pouvez facilement contrer ces désavantages avec un peu de précaution. Mais soyez rassuré : le paillage sera votre meilleur allié au potager !

Maintenant que vous savez comment bien pailler votre potager, à vous d’essayer ! Dites-moi en commentaire si vous utilisez cette méthode chez vous. Si oui, quelles matières utilisez-vous ? Du végétal ? De la pierre ? Des bâches ? Quelles cultures protégez-vous ? J’ai hâte d’en savoir plus. 😊

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