Autosuffisance alimentaire

Comment vivre en autosuffisance alimentaire ?

Pourquoi devenir autosuffisant alimentaire ? Il s’agit d’une bonne question vous ne trouvez pas ? Aujourd’hui, notre société est dépendante des supermarchés (mais aussi des hyper, giga, méga et tous les préfixes que vous voulez !). Acheter et consommer devient simple, rapide et efficace. Mais est-ce vraiment bon pour nous ? Pour la planète ? Pas si sûr… De plus en plus de Français l’ont compris, et se dirigent vers un tout autre mode de vie : l’autosuffisance alimentaire. D’après un article de Cairn.info, l’autosuffisance alimentaire désigne “la capacité de satisfaire tous les besoins alimentaires d’une population par la seule production nationale“. Mais il s’agit là d’une définition globale. À notre échelle, cela signifie être autonome pour soi et/ou sa famille. Devenir autosuffisant, c’est adopter des pratiques opposées à celles que nous connaissons aujourd’hui. Tendre vers l’indépendance nutritive, c’est être moins consumériste, manger des produits de qualité, de saison, réduire ses déchets, etc. Mais comment faire pour y arriver ? Dans cet article, découvrez les différentes étapes pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Créer un potager autonome pour être autosuffisant alimentaire

Tendre vers l’autosuffisance alimentaire ne se fait pas du jour au lendemain. Changer nos habitudes de vie prend du temps. Alors non, je ne vais pas vous inciter à tout plaquer pour élever des chèvres au milieu de nulle part (bien que l’idée ne me déplaise pas !). Gardez en tête que tout doit se faire progressivement. Pour commencer, vous devez créer un  potager autonome. Il s’agit d’une étape indispensable pour devenir indépendant.

Un potager

Quels sont les avantages d’un potager autonome ?

Les avantages de la création d’un potager autonome sont nombreux. En premier lieu, vous mangez sainement. Dans les supermarchés, vous ne savez pas comment les fruits et légumes ont été cultivés.

Ont-ils reçu des pesticides ? Ont-ils été bien traités ? Est-ce vraiment bio ? Mais est-ce que le bio est bon lorsqu’il vient d’un autre pays ?

Toutes ces questions disparaissent aussitôt lorsque vous consommez vos propres fruits et légumes. Vous les semez, les plantez, les entretenez et les récoltez. Vous seul les cultivez. La qualité est par conséquent bien meilleure.

Vous ferez du bien à votre corps et à vos papilles.

Un bon exemple d’autosuffisance alimentaire basée sur la permaculture !

Il existe un autre bénéfice à créer son propre potager autonome. Il est tellement évident qu’on l’oublie souvent… manger ses fruits et légumes, c’est manger local !

Et je crois que l’on ne peut pas faire plus près !

Dans les grandes surfaces, les fruits et légumes proviennent souvent (et malheureusement) d’autres pays, parfois lointains. Le transport pour les y emmener est néfaste pour la planète comme il l’est pour vous (certains produits peuvent subir ces trajets, ne pas être bien conservés et perdre leurs qualités nutritives).

Alors, en étant votre propre producteur, le chemin vous menant du jardin jusqu’à la cuisine sera un moindre mal pour la Terre, mais aussi pour votre santé.

Enfin, avoir votre propre potager vous obligera à consommer des fruits et légumes de saison.

Fini les tomates d’Espagne en plein mois de janvier ! Vous découvrirez des légumes qui vous étaient alors inconnus (comme le panais, le chou-kale ou encore le salsifis) et consommerez de saison.

Comment procéder pour créer un jardin autosuffisant ?

Tout d’abord, vous devez évaluer l’espace dont vous êtes pourvu et celui que vous souhaitez cultiver.

Ce critère dépend avant tout de votre situation : visez-vous une autosuffisance alimentaire individuelle ou familiale ? Selon le nombre de personnes à nourrir, votre espace de culture doit être plus ou moins grand.

Une fois que vous avez défini la taille de votre potager autonome, vous devez choisir ce que vous souhaitez cultiver. Qu’est-ce que mes enfants apprécient ? Qu’est-ce que je n’aime pas ? En fonction des goûts et préférences de chaque membre, vous n’avez plus qu’à dresser une liste de légumes à cultiver, et à en établir la quantité nécessaire.

Pour ce faire, évaluez avec précision vos besoins. Combien mangez-vous de salades par semaine ? Êtes-vous un gros consommateur de courgettes ? De tomates ? À vous de voir…

Enfin, créez un calendrier de cultures tout au long de l’année : semis (sous serre, à l’intérieur, en pleine terre), plantation, repiquage, etc. Le planning est là pour vous aider à mettre en place votre potager autonome.

Et les fruits ? Comment faire si j’en veux ? Eh bien c’est simple : gardez un espace dédié à la plantation des fruitiers dans votre jardin. Pommier, abricotier, cerisier, prunier, poirier… choisissez des fruits que vous aimez particulièrement et régalez-vous !

Conserver ses fruits et légumes toute l’année

Être autosuffisant alimentaire, c’est aussi conserver ses aliments toute l’année. Rien de mieux que de pouvoir manger des haricots verts ou des courgettes en plein hiver ! Mais quelles sont les méthodes pour conserver ses aliments afin d’être autosuffisant ? Pas de panique, il existe plusieurs façons de faire et je vous dévoile tout ci-dessous.

La conservation

En frais

De nombreux légumes sont conservables naturellement plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Ils ne s’abîment pas avec le temps et gardent leur saveur originale. C’est notamment le cas des pommes de terre, oignons de couleur (jaunes et rouges), courges, carottes, etc.

Toutefois, il est important de les maintenir dans un endroit frais et sec. Ils doivent également être à l’abri de la lumière et du gel. L’idéal est bien évidemment de les placer dans un garage, une cave, un cellier, etc.

Vous pouvez aussi les disposer en silo, dans votre jardin. Idéale pour les légumes-racine et pommes de terre, cette technique permet de conserver les légumes (dans un espace de stockage naturel ou non) en pleine terre ou en surface.

Par le sucre

La conservation par le sucre concerne principalement les fruits. Cette méthode permet d’effectuer de nombreuses préparations : les confitures, fruits confits, sirops, gelées, pâtes de fruits.

Lorsque vous souhaitez conserver vos fruits par le sucre, vous devez obligatoirement le faire à chaud. De cette façon, une partie de leur humidité s’évapore petit à petit. Ainsi, le sucre et l’eau restante s’agglomèrent et empêchent la prolifération des micro-organismes.

Dans l'huile

La conservation dans l’huile ne s’effectue pas avec n’importe quel légume. Généralement, ce sont les légumes-fruits (tomate, aubergine, poivron, piment) que l’on maintient de cette façon.

L’huile les isole de l’air ; de ce fait, elle empêche les bactéries de se développer. Le petit plus de ce moyen de conservation : l’huile rehausse le goût du légume tout en gardant sa saveur intacte. Le mieux est d’utiliser un bocal en verre hermétique pour en verser le contenu.

Dans le vinaigre

La conservation des légumes est possible grâce à l’acidité du vinaigre. En effet, c’est elle qui bloque la prolifération des bactéries. Quelques-uns en particulier se prêtent bien à ce moyen de conservation : le cornichon (le plus connu !), la carotte, le fenouil, le poivron, etc.

Ajouté à du sucre, le vinaigre conserve également certains fruits tels que la poire, la prune ou l’abricot.

La congélation

Cette méthode de conservation est bien connue.

Comment agit-elle sur les aliments ?

Le froid bloque la prolifération des bactéries tout en gardant la saveur des légumes intacte, ainsi que leurs qualités nutritionnelles. Exceptés ceux contenant beaucoup d’eau (concombre, tomate, salade), presque tous les légumes (mais aussi les fruits) peuvent être congelés de différentes manières :

  • en l’état naturel : poivron, piment, oignon, brocoli ;
  • après avoir été cuits : aubergine, betterave, haricot ;
  • en préparation : tian de courgettes, purée de pommes de terre, compote de pomme, etc.

Pour préparer l’hiver, Jean-Philippe et moi avons préparé un tian de courgettes que nous avons mis au congélateur.

Avec sa grand-mère, il a également confectionné de la sauce tomate que nous conservons dans des bocaux en verre, gardés dans un espace sombre et tempéré.

Préparation de la sauce tomate

La stérilisation

La stérilisation est une technique de conservation qui concerne un grand nombre de fruits, légumes et préparations.

Les aliments doivent être versés dans un bocal en verre avec de l’eau. Après l’avoir fermé, il faut chauffer le récipient à l’aide d’un bain-marie. La chaleur agit de deux façons : elle détruit les bactéries et permet l’évaporation de l’eau présente dans le bocal. L’air restant se condense et se transforme en vide.

La conservation des aliments peut durer une année à une année et demie.

La déshydratation

Comme l’indique son nom, le processus de conservation de la déshydratation élimine l’eau des aliments. Cela permet d’éviter le développement des bactéries et micro-organismes.

Il existe plusieurs façons de faire : à l’air libre, au four ou encore au séchoir solaire. Une fois les légumes et fruits séchés, ils iront directement dans un bocal en verre, rangé à l’abri de la lumière.

Sachez que les aliments déshydratés peuvent se manger tel quel ou retrouver leur teneur en eau. Pour ce faire, il suffit de les laisser tremper quelques heures !

Être autosuffisant alimentaire pour tout le reste

L’alimentation d’un être humain ne s’arrête pas simplement aux fruits et légumes. Féculents, viande, poisson, gâteaux… Sans oublier les boissons : café, thé, jus, etc. Impossible de planter du pain ou un yaourt en pleine terre, ils ne pousseront pas ; votre potager ne vous sera d’aucun recours à ce moment-là ! Alors, comment atteindre l’autosuffisance alimentaire pour « tout le reste » ?

Privilégier le DIY (Do It Yourself)

Je suis certaine que vous avez déjà entendu, vu ou lu ces trois lettres en vous demandant ce que cela signifiait. Je me suis moi-même posé plusieurs fois la question, sans pour autant aller plus loin. Mais aujourd’hui, j’ai bien compris de quoi il s’agissait.

DIY est l’acronyme de Do It Yourself.

En français, on le traduit par « Faire par soi-même ».

Ce mouvement nous vient tout droit des États-Unis et invite à réaliser soi-même de nombreux produits que l’on trouve dans le commerce.

Économique, écologique et parfois ludique, cette démarche suscite de plus en plus d’intérêt. Et je vous la conseille fortement afin de vivre en autosuffisance alimentaire.

« Faire » sa propre alimentation demande un fort investissement personnel. Comme je l’ai écrit au départ, l’autosuffisance alimentaire est un mode de vie à part entière. La simplicité et la facilité qu’offrent les supermarchés ne sont plus de mise.

Vous êtes votre propre artisan (si je puis dire).

Vous nourrir correctement ne dépend que de vous, et non plus des magasins. Alors vous devez garder à l’esprit que vous passerez du temps à réaliser votre propre nourriture.

 Mais que pouvez-vous faire par vous-même ? À vrai dire, beaucoup de choses :

  • les yaourts ;
  • les gâteaux ;
  • le pain ;
  • les sauces ;
  • les jus ;
  • les smoothies ;
  • la bière ;
  • etc.

Et la liste est encore longue ! Pour certains produits, vous aurez peut-être du mal au début. Mais en persistant, vous vous améliorerez et vous ne pourrez plus vous passer de votre « fait maison » !

Élever des animaux

L’élevage d’animaux aide à devenir autosuffisant.

Cette pratique apporte beaucoup d’avantages non négligeables tant d’un point de vue alimentaire qu’économique. Alors quels animaux pouvez-vous élever facilement pour devenir indépendant ?

Les poules

De façon assez évidente, je ne peux que vous conseiller d’adopter et élever des poules. Vous l’aurez bien compris, avoir des œufs frais régulièrement est un bonheur infini ! En prenant soin d’elles (un bon poulailler et une bonne alimentation), vous aurez un meilleur rendement.

Pour la petite anecdote, Jean-Philippe et moi avion reçu un coq de la part d’un habitant de Montaillou. Nous avons donc acheté quatre poules pour lui tenir compagnie. Mais aussi et surtout pour avoir des œufs !

Tite Rousse, Huguette, Frangiane et Cheftaine sont devenues nos copines. Elles ont toutes leur petit caractère, mais personnellement, je les aime à la folie. Vous voulez en savoir plus ? Alors lisez vite l’article sur l’adoption de notre coq et de nos poules

Les lapins

Vous pouvez également faire un élevage de lapins. Ce dernier ne prend pas de place et ne demande pas non plus une quantité monstrueuse de nourriture. Comme les lapins se reproduisent rapidement, deux choix s’offrent à vous : vous en donnez/vendez à des particuliers qui en veulent pour animaux de compagnie… ou vous les élevez pour leur viande.

Les abeilles

Pensez également aux abeilles. Certes, cela n’est pas donné à tout le monde que de s’occuper d’une ruche dans son jardin. Mais en vous formant, il est tout à fait possible de profiter des avantages de ces petits insectes volants.

Les abeilles pollinisent vos fleurs et vous apportent du miel. Bien que l’équipement de départ soit assez élevé, avoir une ruche dans un coin de son jardin est une très bonne démarche autosuffisante !

Envie de favoriser la biodiversité ? Découvrez dans cet article comment attirer les abeilles sauvages dans votre jardin.

Les chèvres

Enfin, si vous disposez d’un assez grand terrain, pensez à la chèvre ! Même si elle prend de la place, la chèvre produit du lait, se nourrit en tondant gratuitement et écologiquement votre pelouse et vous permet de faire du fromage. Plutôt sympa, non ?

Pêcher son poisson, chasser sa viande

Jean-Philippe à la pêche

Chasse et pêche, le beau duo pour se nourrir exclusivement de son poisson et sa viande.

Ces activités rebutent souvent, notamment la chasse. Je vous avoue que je ne suis pas une adepte, et que je ne compte pas m’y mettre.

Toutefois, j’ai découvert la pêche il y a un an, et depuis, je ne m’en lasse pas ! En tout cas, si vous visez l’autosuffisance alimentaire, pêcher et chasser pourraient bien vous aider.

Attention cependant ! Vous devez obligatoirement être pourvu d’un permis pour chaque activité ! À renouveler annuellement. Sans cela, votre pratique est illégale. De plus, il faut se fier à certaines réglementations. Tous les animaux ne se chassent pas au même moment, et la pêche n’est pas ouverte toute l’année selon certaines catégories.

Jean-Philippe m’a fait découvrir la pêche un jour de l’été 2020, dans un superbe coin des Pyrénées Ariégeoises.

Au début, je le regardais faire, sans que rien ne morde à l’hameçon. Je n’étais pas plus intéressée que ça.

Pourtant, au fil de la journée, cette « drôle d’activité » a attisé ma curiosité. Il m’a tendu la canne à quelques reprises pour que j’essaie. Chance du débutant ou véritable don, j’ai réussi à attraper une belle truite de 24 cm !

Depuis ce jour, je prends un plaisir fou à pêcher (en toute légalité, bien entendu !) pour me régaler ensuite.

Se rendre dans les petits commerces

Pour certains produits alimentaires, il peut être encore difficile de recourir au Do It Yourself.

Le sucre, la farine, le riz, les céréales… sont autant de produits aussi nécessaires que difficiles à produire soi-même.

Toutefois, je ne vous renverrai pas dans les supermarchés (et toujours pas dans les hyper, méga et giga) mais dans les commerces de proximité.

À commencer par les magasins de vrac et sans emballages ! Ces commerces sont en plein essor. Pour choisir vos produits, vous devez nécessairement avoir pris vos propres tupperwares et sacs. En plus d’être dans l’ère du temps, ces endroits s’inscrivent dans une démarche zéro déchet !

En tout cas, vous y trouverez des légumes et fruits secs, du riz, des pâtes, du sucre, du café, de l’huile, etc.

Concernant la viande ou le poisson, je ne peux que vous conseiller de vous rendre chez un commerçant de proximité. Le boucher, le poissonnier, le charcutier, choisissez-en un qui vous corresponde et que vous appréciez. Il en est de même pour le fromage : dirigez-vous vers un fromager !

N’hésitez pas non plus à vous rendre dans des fermes pour vous équiper en lait et en œufs (mais pour les œufs, vous savez que vous pouvez adopter une poule !).

Privilégier les petits commerces et les producteurs locaux sera toujours préférable aux supermarchés. À défaut d’être pleinement autosuffisant alimentaire, vous ferez vivre des artisans… Tout en consommant des produits de qualité !

Vous savez maintenant comment changer de vie pour devenir autonome et vivre en autosuffisance. Certes, il n’y a rien de facile, en tout cas au début. Mais si votre souhait est véritablement d’être indépendant, persévérez ! L’autosuffisance alimentaire (et dans son ensemble tout court) est un mode de vie qui demande du travail, mais qui offre en parallèle une merveilleuse liberté.

Vous sentez-vous prêt à sauter le pas ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour me dire ce que vous en pensez, ce qui vous attire dans ce mode de vie et ce que vous comptez mettre en place pour y arriver ! 🙂

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